Limiter les dégâts liés à la prolifération des fake news suggère une certaine connaissance des outils de détection et d’analyse. Pour un public non professionnel, cela n’apparaît pas comme une tâche aisée. Dans cet article, nous essaierons cependant de proposer quelques pistes, jugées faciles à exploiter, pour la détection, l’analyse et la limitation des gestes qui font le lit à la prolifération des fake news. 

Il devient crucial de « s’équiper » face aux fausses informations. Et pas que pour les professionnels, mais également pour la grande masse des utilisateurs des services internet en général. En effet, si jusqu’à présent beaucoup d’efforts sont fournis pour outiller des professionnels (journalistes, bloggeurs, NDLR) contre les fausses informations, la plus large population, principale victime, doit également être prévenue afin de ne pas se montrer “complices passives” dans la diffusion des fausses nouvelles. 

Les réflexes à valeurs d’outils 

Faire vérifier systématiquement les informations trop « grosses » . Les fake news ont en général une caractéristique commune : le grossissement de l’information. Si elles ne sont pas trop grosses pour être vraies, les informations sont sensationnelles ou encore trop tendancieuses. Dans ce genre de situation, les internautes doivent avoir le réflexe de vérifier l’authenticité de l’information.  Cette dernière implique d’interroger la source. Il s’agit de vérifier si la source présumée est d’autorité ou fiable : une institution officielle, un organe de presse régulier, une figure politique ou administrative reconnue entre autres. Dans une interview au média Brut Afrique, le journaliste béninois et expert en fact checking, Olivier Ribouis, affirmait que « le bouton partager est le plus dangereux des réseaux sociaux ». Une affirmation qui porte tout son  sens dans la présente réflexion qui impose aux consommateurs et autres utilisateurs des réseaux sociaux d’avoir le réflexe de la vérification avant toute diffusion.  

Il est également primordial de croiser les sources. En d’autres termes, même dans le cas où la première source paraît fiable, il faut rapprocher l’information d’autres sources. Cette attitude prudente permet de limiter une potentielle erreur introduite auprès de la première source. Une source de bonne foi pouvant publier une information malheureusement fausse pour avoir été peut-être induite en erreur à un niveau donné de la chaîne de distribution de l’information. 

Ce serait également une erreur de se limiter à la titraille pour juger de la qualité d’une information. Cette manière assez courante de faire est ce qui est à la base de la complicité passive de beaucoup d’internautes dans la diffusion des fake news. Par paresse intellectuelle ou par négligence, certains se limitent à la lecture de quelques lignes d’une information plus longue, susceptible de porter ses propres contradictions dans le développement. Il aurait fallu lire au-delà du titre pour exercer ses propres facultés d’analyse et en déconstruire les limites. 

Vérifier une image en quelques clics  

À l’ère du smartphone, chacun reçoit des dizaines de contenus par jour. Quelques outils suffisent pourtant pour distinguer le vrai du faux. Parmi ceux-ci, google image et google lens. Ce sont des interfaces conçues pour analyser les images. Elles mettent en exergue les données techniques (métadonnées, NDLR) permettant de situer l’image dans le temps, dans l’espace, dans un lieu et peut-être, relevant de la première diffusion. En cas d’usage hors contexte pour manipuler l’opinion, l’usage de ces interfaces permet de détecter si une image a été modifiée ou recyclée. 

Pêle-mêle et pour un public plus renseigné, les moyens techniques de détection sur les supports visuels et vidéos suivants peuvent être utiles : Bing visual search, Meta Data, jeffrey’s image viewer, open street map, street view/google maps, google earth, fotoforensics, forensically peut venir à la rescousse. Cette flopée de solutions n’est pas exhaustive mais elle témoigne de ce que de nombreux organismes travaillent à fournir des remèdes contre le fléaux. Des applications, des extensions continuent de voir le jour au fur et à mesure de l’ingéniosité des fauteurs de trouble informationnels. 

L’apport des cellules fact-checking

De nombreux organismes et médias se sont spécialisés dans la vérification des faits. Ils analysent les déclarations publiques, les rumeurs virales et les informations douteuses pour en démêler les écheveaux. Ces structures proposent des articles détaillés pour expliquer pourquoi une information est fausse ou vraie. Ils disposent d’experts en la matière et se servent de mécanismes transparents. Au Bénin, il y a la cellule fact-checking des l’Association des blogueurs du Bénin, qui s’illustre très bien dans le registre. On compte également sur le travail des experts de Badona ou encore, plus loin dans la sous région, ceux de la plateforme Dubawa. Consulter ces plateformes est un excellent réflexe avant de partager une information sensible.

Face à la prolifération des fake news, chacun a un rôle à jouer. S’informer, vérifier et réfléchir avant de partager sont devenus des gestes citoyens essentiels. Grâce aux outils disponibles et à une vigilance accrue, il est possible de limiter l’impact de la désinformation et de préserver la qualité du débat public.

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