Le concept de citoyenneté peut se regrouper en différentes parties : la qualité du citoyen; l’objectif ou idéal citoyen; l’exercice de la citoyenneté et l’éducation à la citoyenneté. L’éducation étant la première piste pour réinviter la citoyenneté, elle explique le concept en entier et aide à mettre en place quelque chose de concret pour l’exercer. Car comme le disait Edgar Morin “Tout ce qui ne se régénère pas, dégénère”. Dans cette nouvelle chronique citoyenne, vous apprendrez davantage sur les grandes parties du concept citoyen
![Quelles sont les quatre (04) grandes parties du concept de citoyenneté ? [Au cœur de la citoyenneté N° 006]](https://gervaisdassi.top/wp-content/uploads/2024/07/quatre-partie-de-la-citoyennete.jpg)
La qualité du citoyen
La qualité du citoyen correspond aux attributs négatifs et positifs attribués aux individus par la communauté légale ou l’association politique ou encore l’État. Elle est liée à la loi qui est l’outil de l’État pour organiser la société. Cependant, les attributs d’une bonne citoyenneté s’internationalisent de plus en plus.
Pour ce qui est de la citoyenneté nationale, elle est exercée au niveau de la rue, du quartier, de la commune, de la région et de l’État central. En tant que citoyen et vivant au sein de l’organisation politique, vous devez comprendre que l’idée principale de la citoyenneté est de construire avec, et non contre.
En démocratie, la citoyenneté est la qualité des qualités. Une fois la qualité de citoyen attribuée, elle ne saurait être retirée. L’individu doit donc respecter de manière scrupuleuse les textes de l’organisation politique. Toutefois, les valeurs morales dans certains cas peuvent être supérieures à l’intérêt de la société.
Ce qui amène certains individus à préférer cela et à se retrouver hors la loi. Par exemple, offrir un toit à un migrant clandestin que la loi souhaite voir hors du pays ou respecter des prescriptions religieuses au péril de l’aspect sacré de la vie humaine.
L’objectif citoyen
L’objectif citoyen, deuxième grande partie du concept de citoyenneté, permet d’assurer l’harmonie entre la sphère privée et l’espace public. Ici, la citoyenneté prévoit à l’individu une véritable participation à l’organisation de la société : la souveraineté revient au citoyen. Cependant le cœur de l’action politique peut donner l’impression au citoyen de ne pas avoir aucun pouvoir.
Ils doivent donc être en mesure de penser en termes d’intérêt général et pas uniquement de défense de leurs intérêts particuliers ou égoïstes. L’objectif est de quitter la sphère individuelle du citoyen pour rejoindre la sphère du petit groupe, couple par exemple, et ensuite la sphère citoyenne (grand groupe) pour la participation publique.
Pour Thomas HOBBES, l’homme est un loup pour l’homme et en absence de contrainte, il est guidé par le désir et la crainte. Par contre pour J.J. Rousseau, l’homme en dehors de toute organisation politique est fondamentalement bon, c’est la figure du bon sauvage qui serait perverti par la société.
Les balises qui donnent un cadre aux détenteurs du pouvoir politique que sont : la constitution de l’État, les déclarations et les conventions internationales ratifiées peuvent aller contre les intérêts du citoyen dans le but de le protéger. Par exemple, dans le but d’éviter les actes terroristes, l’État peut demander le vote d’une loi qui autorise les forces de polices d’accéder à la vie privée des citoyens.
Ce qui va à l’encontre des droits humains et fondamentaux de l’individu et qui vise à la fois sa protection. Car la transparence est une dictature selon Thomas Gillet. C’est dire qu’il est parfois difficile d’atteindre l’objectif citoyen.
L’exercice de la citoyenneté
L’exercice de la citoyenneté repose pour sa part sur les compétences génériques de la citoyenneté démocratique que sont : l’autonomie individuelle, intellectuelle, affective, et morale; la coopération sociale (c’est-à-dire, agir avec les autres et non à côté d’eux); la participation publique, qui est le cœur même de l’exercice de la citoyenneté.
La participation publique prend en compte le rôle des médias (traitement de l’information par les journalistes, implication active des individus, la liberté de parole, l’égalité de participation, la publicité ou plus explicitement, l’action de rendre publique).
Il y a aussi au chapitre de l’exercice de la citoyenneté, le droit d’association qui permet de partager les idées afin de les diffuser plus largement. Ce droit est considéré comme une liberté fondamentale. Elle est une condition essentielle de l’exercice de la citoyenneté.
L’exercice de la citoyenneté commence dans l’autonomie de son rapport au monde et dans les choix que l’on veut poser avec les autres pour construire la société. Il nécessite d’agir concrètement.
Et c’est cette action concrète qui s’appelle l’engagement citoyen; commençant par l’échange et la défense de ses convictions en matière politique avec les autres et va passer par une étape importante : le vote. Le vote est une des formes concrètes de l’action citoyenne.
En effet, le vote plus le contrôle des élus et le respect de leur engagement relève de l’exercice de la citoyenneté. Etre citoyen est donc un travail constant qui nécessite de l’investissement et du temps, écrit Thomas Gillet à la page 102 de son livre La citoyenneté, qu’est-ce que ce c’est ?
Pour le même auteur, La démocratie est un modèle; comme tout modèle, il est imparfait. Mais il est celui qui présente le moins d’imperfections et le plus de qualités avant de préciser que dans un régime démocratique, la loi de la majorité ne peut pas tout se permettre.
Education à la citoyenneté
Certains écueils rendent compliqué l’exercice de la citoyenneté démocratique, la plus importante est la crise de confiance envers les métiers de l’information (les médias) et envers les représentants politiques des citoyens. Il devient donc important d’éduquer à la citoyenneté, faisant de l’éducation citoyenne la quatrième grande partie du concept de citoyenneté.
Pour restaurer la confiance il faut donner (d’une part) assez de temps aux citoyens d’exercer leur citoyenneté (activités citoyenne) mais surtout (d’autre part) amener le citoyen à passer de la sphère individuelle ou sociale à la sphère citoyenne (passer de l’intérêt particulier pour concilier avec ceux des autres) aller au-delà d’un point de vue individuel ou particulier afin de faire émerger l’intérêt général (qui est différent de l’addition des différents intérêts particuliers).
Il faut donner du temps citoyen aux élèves pour : s’informer; partager; agir. A travers l’école classique, (spéciales), les livres et les médias. C’est ainsi que les objectifs visés par la citoyenneté seront atteints.
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Gervais DASSI, journaliste-chroniqueur; écrivain-poète.
